top of page

L'avenir du livre à l'ère de l'IA

  • Photo du rédacteur: Ler Wyn
    Ler Wyn
  • 21 déc. 2025
  • 4 min de lecture

La nouvelle est tombée cette nuit. Clair Obscur - le jeu de ces derniers mois au récit incroyable - se voit retirer son titre de jeu de l'année en raison de son utilisation de l'intelligence artificielle. On se pose donc la question : Est-ce que l'intelligence artificielle réécrira-t-elle notre rapport à la littérature ?


Je me souviens du premier livre que j'ai lu sur une liseuse. C'était bizarre. Pas de poids dans les mains. Pas d'odeur de papier. Pas de pages à tourner. Juste un écran. Aujourd'hui, ChatGPT peut écrire un roman en quelques heures. Alors, où va-t-on ? Posons une affirmation : le papier n'est pas mort (et ne mourra pas).


On nous l'annonçait il y a dix ans. Le livre papier allait disparaître. Les librairies allaient fermer. Tout le monde lirait sur tablette. Spoiler : ça ne s'est pas passé comme ça.


Le livre papier résiste. Mieux, il se porte bien. Les gens achètent des liseuses, c'est vrai. Mais ils continuent d'acheter des livres papier. Pourquoi ? Parce qu'un livre, c'est plus qu'un texte. C'est un objet. Une présence. Une émotion. Tenir un livre dans ses mains, c'est une expérience sensorielle que le numérique ne remplacera jamais complètement. L'odeur du papier neuf ou celui usé d'un bouquiniste. Le poids qui change au fil des pages. Les annotations dans les marges. Les pages cornées.


Mais on peut dire aussi que le numérique a trouvé sa place. Mais il n'a pas échoué pour autant. Il a juste trouvé sa niche. Sa fonction. Les liseuses sont parfaites en voyage. Plus besoin de choisir entre trois livres qui pèsent une tonne dans la valise. Tout rentre sur 200 grammes. Les livres audio explosent. On écoute en conduisant, en faisant le ménage, en courant. Le livre s'adapte à nos vies speed. Et puis il y a l'accès. Instantané. Un clic et le livre est là. Plus besoin d'attendre la livraison ou d'aller en librairie. Pour certains, c'est un confort. Pour d'autres, une nécessité.


Le numérique n'a pas tué le papier. Il l'a complété.


Et puis l'IA a débarqué. ChatGPT. Midjourney. Des outils qui écrivent, qui créent, qui imaginent. Là, c'est différent. Ce n'est plus juste un support qui change. C'est la création elle-même qui est questionnée. Si une machine peut écrire un roman, à quoi sert l'écrivain ?

J'ai testé. J'ai demandé à ChatGPT d'écrire une nouvelle. Le résultat ? Techniquement correct. Grammaticalement parfait. Mais mort. Sans âme. Sans cette petite étincelle qui fait qu'un texte nous touche.


L'IA peut aligner des mots. Elle peut suivre une structure. Mais elle ne peut pas puiser dans l'expérience humaine. La vraie. Celle qui fait mal. Celle qui fait rire. Celle qui nous transforme. Pourtant, je ne suis pas contre l'IA. Loin de là. Elle peut être un outil formidable pour les écrivains. Besoin de décrire une ville du XVIIe siècle ? L'IA vous donne des détails historiques. Vous bloquez sur un dialogue ? Elle peut proposer des alternatives. Vous cherchez un nom de personnage ? Elle en génère des centaines.


C'est comme un assistant de recherche qui ne dort jamais. Un sparring partner créatif. Un outil de brainstorming illimité. Le danger, c'est de la confondre avec l'auteur. L'IA peut aider à écrire. Elle ne peut pas écrire à notre place. Pas si on veut que ça ait du sens. Pas si on veut que ça touche.


Le vrai enjeu, c'est l'authenticité. Dans un monde où l'IA peut produire du contenu à la chaîne, comment distinguer ce qui vient d'un humain de ce qui vient d'une machine ?

Et surtout : est-ce que ça compte vraiment ? Si un texte vous émeut, est-ce que ça change quelque chose de savoir qu'il a été écrit par une IA ? Philosophiquement, c'est vertigineux. Émotionnellement, je pense que oui, ça change tout.


On lit pour se connecter à un autre être humain. Pour comprendre comment quelqu'un d'autre voit le monde. Pour se sentir moins seul dans nos questionnements. Une IA ne questionne rien. Elle compile. Elle imite. Elle n'a jamais eu le cœur brisé. Elle n'a jamais eu peur de mourir. Elle n'a jamais aimé.


L'avenir du livre ne sera ni 100% papier, ni 100% numérique, ni 100% IA. Ce sera un mix. Un équilibre. Le papier pour l'expérience. Le numérique pour la praticité. L'IA pour l'assistance. Et l'humain au centre, toujours. Les librairies continueront d'exister. Elles deviendront peut-être encore plus précieuses, des lieux de conseil et de découverte. Les éditeurs devront s'adapter, trouver de nouvelles façons de valoriser le travail humain. Les écrivains devront apprendre à utiliser les outils sans se laisser remplacer par eux.


Verdict ?


L'IA ne tuera pas la littérature. Elle la transformera. Elle obligera les écrivains à se poser la vraie question : qu'est-ce que j'apporte qu'une machine ne peut pas apporter ?

La réponse est simple : l'humanité. L'expérience vécue. Les cicatrices. Les joies. Les doutes. Cette imperfection magnifique qui fait qu'un texte résonne en nous.

Le livre survivra. Sous différentes formes. Mais il survivra. Parce qu'au fond, nous aurons toujours besoin d'histoires. De vraies histoires. Racontées par de vrais humains.

Et ça, aucune IA ne pourra jamais nous l'enlever.

Commentaires


01 23 45 67 89

500 Terry A Francine Blvd. San Francisco, CA 94158

  • Facebook
  • Instagram
  • Link
  • Link

Restez Connecté avec Mes Dernières Œuvres

Contactez-Moi

bottom of page